Le nom Wali fait-il partie des plus beaux noms d’Allah ? Parfois nous attendons quelqu’un dire à un cheikh ou à un autre : Mawlaana.. Est-ce permis ?

Louanges
à Allah

Premièrement,
al-mawlaa et al-wali
sont deux des noms d’Allah le Puissant et Majestueux conformément à la parole
du Très-haut  : « Ont-ils pris des maîtres
en dehors de Lui? C’est Allah qui est le seul Maître et c’est Lui qui redonne
la vie aux morts; et c’est Lui qui est Omnipotent. » (Coran, 42 :9)
et à Sa parole : «Allah est le défenseur de ceux qui ont la foi: Il les
fait sortir des ténèbres à la lumière. Quant à ceux qui ne croient pas, ils ont
pour défenseurs les Tâghoût, qui les font sortir de
la lumière aux ténèbres. Voilà les gens du Feu, où ils demeurent éternellement »
(Coran, 2 :257) et Sa parole : « Et s’ils tournent le dos,
sachez alors qu’Allah est votre Maître. Quel excellent Maître et quel excellent
Protecteur! » (Coran, 8 :40) et sa parole : « Tu es Notre
Maître » (Coran, 2 :286) et sa parole : « Dis: « Rien
ne nous atteindra, en dehors de ce qu’Allah a prescrit pour nous. Il est notre
Protecteur. C’est en Allah que les croyants doivent mettre leur confiance.»
(Coran, 9 :51) et la parole du Prophète (Bénédiction et salut soient sur
lui) : « Mon Seigneur ! Inspire la piété à nos âmes.
Purifie-les car Tu es le plus à même de le faire. Tu en es le Waliy et le Mawlaa=(Le maître absolu). (Rapporté par Mouslim,
7081) Voir Faydh al-Qadir
(2/613) et al-Quawaid al-mouthlaa,
p.15.

Deuxièmement,
il est permis de dire à une créature humaine musulmane : mawlaana mais il n’est pas permis de le dire à un
mécréant. Certains ulémas ont autorisé l’emploi du nom défini al-mawla pour désigner un musulman distingué pour
son savoir et sa piété. Le Prophète dit à Zeyd ibn Haritha : « Tu es notre frère et notre Mawlaa. » (Rapporté par al-Bokhari,
2552). Le terme Mawlaa est employé pour
désigner le propriétaire, le compagnon, le proche, le voisin, l’allié, le
partisan, l’aimant, le bienfaiteur, le bénéficiaire de son bienfait, l’esclave
et l’affranchi. » Voir al-Qamous al-Mouhit.

Ibn
al-Athir dit : « Le terme mawlaa répété dans le hadith est polysémique car il
désigne le Maître, le propriétaire, le seigneur, le bienfaiteur, le
bénéficiaire de son bienfait, le partisan, l’aimant, l’adepte, le voisin, le
cousin paternel, l’allié, le contractant, le gendre,  l’esclave et l’affranchi.» ces acceptions
figurent toutes dans les hadiths. On retient à chaque fois l’emploi le plus
pertinent compte tenu du contexte du hadith.

Celui
qui s’occupe d’une affaire ou l’assure en est le mawla
et le waliy. Ces termes peuvent dériver de
sources différentes. Walaya  évoque le lien fondé sur la naissance, le
soutien, l’affranchissement alors que wilaya évoque pouvoir et loyauté,
d’où mouwalaa qui donne waalaa
pour dire que des gens se sont alliés. » Extrait d’an-Nihaya
fii gharib al-hadith
(5/227). Voilà pourquoi il n’y a aucun
inconvénient à l’employer pour parler d’une créature humaine, pourvu qu’elle ne
soit pas mécréante.

Ibn
al-Quayyim (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde)
dit : « Chapitre : on ne s’adresse pas à un protégé des
musulmans en lui disant : Monsieur ou consort… S’adresser à lui en
lui disant notre seigneur (sayyid) ou notre
maître (mawlaa) etc. est résolument interdit.»
Extrait d’ahkaam adh-dhimmah
(2/771).

An-Nawawi dit : « l’imam Abou Djaafar an-Nahhas écrit dans son
ouvrage intitulé sinaatoul kitab : « S’agissant d’al-mawlaa,
nous ne sachions pas qu’il y ait une quelconque divergence au sein des ulémas
sur le fait qu’il ne convient pas de s’adresser à une créature en disant mawlaaya. » je dis : il est déjà affirmé
dans le précédent chapitre qu’il est permis d’employer le terme mawlaaya, ce qui ne contredit pas ce qui vient
d’être affirmé car an-Nahhas parle du nom défini al-mawlaa. An-Nahhas dit
encore : « On dit seigneur à quelqu’un qui n’est pas pervers. Mais on
ne dit le Seigneur qu’en parlant d’Allah le Très-haut. C’est qui est plus
vraisemblable c’est qu’il n’y a aucun inconvénient à employer les noms définis al-mawlaa et as-sayyid
(Maître et Seigneur) pourvu de respecter la précédente condition formulée par
lui en disant : si celui qui est appelé ainsi se distingue pour sa bonté,
son savoir et sa piété ou pour d’autres qualités. S’il s’agit d’un pervers ou
d’une personne de religiosité douteuse ou consorts, on réprouve de l’appeler
seigneur. » Extrait d’al-adhkaar (p.840).
Voir Mou’djam al-manahi
al-lafziyyah
, p.535.

Allah le sait mieux.